Des changements importants sont intervenus dans le taux de natalité d'un certain nombre de pays au cours des quinze ou vingt dernières années, qui ne peuvent être attribués à des causes purement économiques. Ils ne semblent pas dépendre de facteurs tels que le commerce, l'emploi et les prix; mais sur la propagation d'une idée ou d'une influence dont la tendance doit être déplorée, celle du «contrôle des naissances», expression que l'on entend beaucoup de nos jours. Le fait que la baisse de la fécondité humaine et la chute du taux de natalité soient les plus notables dans les pays relativement prospères prouve qu'elle ne procède pas de causes économiques; mais c'est plutôt à la propagation de la doctrine qu'il est permis de restreindre ou de contrôler la naissance. Dans des pays comme les Etats-Unis, l'Angleterre et l'Australasie, où les normes de confort et de vie sont notoirement élevées, la baisse du taux de natalité a été la plus sensible. D'un autre côté, nous constatons peut-être la plus forte baisse du taux de natalité en France, pays où le bien-être général atteint probablement une profondeur plus faible dans la communauté que dans toute autre partie de l'Europe. Une comparaison des taux de natalité de la France et de l'Irlande, par exemple, offre une illustration précieuse du point considéré. En France, plus de la moitié des femmes ayant atteint l'âge de la nubilité sont mariées; en Irlande, en général, moins d'un tiers. Dans les deux pays, le taux brut de natalité est très inférieur à celui des autres pays européens. Pourtant, la fécondité de la femme irlandaise dépassait celle de son compère français de 44% en 1880 et de 84% en 1900. Depuis, la prolificité de la mère irlandaise a tellement augmenté qu'elle est maintenant, parlant, inférieur seulement à la mère hollandaise ou finlandaise à cet égard. En général, dans tout pays où l'on constate une diminution de la prolificité d'une chute de l'accouchement non accompagnée d'une diminution du nombre de mariages en âge de procréer, on peut attribuer cette diminution à la restriction volontaire de la maternité par le conjoint, en d'autres termes, à la prédominance du «contrôle des naissances». Ce n'est d'ailleurs pas une affirmation théorique, mais une opinion appuyée par l'opinion médicale presque unanime dans tous les pays. Partout et surtout ici, dans nos propres États-Unis, nous trouvons des preuves de l'emploi extensif de mesures de «contrôle des naissances» pour empêcher le développement normal de la vie familiale qui sous-tend la vigueur et le pouvoir racial de chaque nation. Ces mesures préventives qui contrôlent arbitrairement la naissance humaine ont longtemps été utilisées en France avec des résultats qui, surtout depuis la guerre, ont été fréquemment et publiquement déplorés dans la presse, et ont conduit le gouvernement français à offrir des récompenses substantielles pour encourager la propagation de grandes des familles. Depuis la France, les pratiques préventives du «contrôle des naissances» s'étaient répandues, après 1870, sur presque tous les pays d'Europe occidentale, en Angleterre et aux États-Unis; bien qu'ils ne soient pas aussi apparents dans les pays où l'Église romaine a une forte emprise sur le peuple.